Le big bang d’un big band

Publié le 18.08.2016 par Auteur Générique

Le Big Band CNRS de Marseille interprète un répertoire composé d’arrangements existants et de pièces originales. Bruno Canard, un de ses cofondateurs, nous raconte la naissance et l’histoire de ce tout jeune groupe composé d’une vingtaine de musiciens.

De retour à Marseille en 2015 après un détachement aux États-Unis, à Boston, où sciences (Harvard, MIT…) et musique (Berklee College of Music, New England Conservatory…) cohabitent, Bruno Canard envisage de relancer une activité musicale au CNRS. L’idée de monter un big band arrive au cours d’une discussion avec Denise Requin et Laurence Larroudé, respectivement présidente et secrétaire du Clas GLM Joseph-Aiguier. Une dizaine d’années auparavant, il jouait du rock avec ses collègues, des étudiants et des postdocs dans un cabanon sur le campus. Ses amis Tiko, Hélène et Marc se laissent vite convaincre et se mettent en quête d’instrumentistes. Le 20 octobre 2015 naît le Big Band CNRS de Marseille.

Jazz et science

Bruno Canard a longtemps joué dans le sextet de jazz Ze Famous B-Flat of Marseille, qui se produisait notamment lors de congrès scientifiques. Il se souvient des remarques de nombre de participants à la sortie : “C’est fou comme vous avez l’air de vous amuser. J’ai été instrumentiste, j’ai laissé tomber et je le regrette”. Très vite toutefois, le noyau dur du big band prend conscience de l’impossibilité de créer une formation uniquement avec du personnel CNRS… à moins de viser un grand ensemble de guitares ! Le recrutement est alors aussi ouvert à des musiciens extérieurs. “Nous avons privilégié la motivation et l’engagement, avec bien sûr un niveau de lecture et d’instrument minimum, mais aussi le désir de progresser : rien ne sert d’avoir Herbie Hancock dans le groupe s’il n’est jamais là, ironise-t-il. Nous avons également voulu éviter les personnalités difficiles pour ne pas avoir à gérer des égos”.
Le groupe a une direction musicale, mais pas de directeur d’orchestre fixe. Il n’est néanmoins pas exclu d’introduire un ou une chef d’orchestre plus tard. Le Big Band CNRS a pour l’instant choisi de privilégier le jazz, le blues, les musiques latines, le latin jazz, mais d’autres genres musicaux suivront. “Nous souhaitons développer un répertoire que l’on n’entend pas trop souvent, à l’écart des morceaux swing trop classiques”, précise Bruno.

Émotion musicale

L’objectif partagé est avant tout de vivre des expériences musicales et humaines intenses. “Lorsque l’on sent que 18 musiciens jouent en symbiose, l’émotion est très puissante. Il y a un côté organique irremplaçable à souffler dans un instrument ou à écouter le souffle d’un orchestre”. Bruno est heureux de voir l’enthousiasme du public, comme en témoigne le concert à guichet fermé du 2 juin à la délégation régionale. “Nous sommes à l’écoute de toute connexion inventive avec d’autres ensembles, activités, universités, organisations. Et, avec l’incroyable richesse scientifique du CNRS et culturelle du CAES, cela devrait prendre forme rapidement”.
“Nous avons investi personnellement (batterie, piano, partitions, etc.) et le Clas-GLM nous a toujours soutenus, en particulier avec le matériel existant et la salle de répétition, dont on apprécie chaque mardi soir l’hospitalité”, souligne Bruno. Comme toute belle histoire, celle-ci a de savoureuses anecdotes. Comme ce rocambolesque déménagement de piano dans les rues étroites de Marseille-centre…

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