Carnet de route d’un randonneur de la Seras de Meudon

Publié le 26.01.2018 par Laurent Mandeix
Seras Randonnée pédestre

Du 18 au 26 Août 2017, la SERAS Randonnées et Découvertes organisait son séjour d’été à Villers le Lac dans le Doubs (25). Trente- trois personnes emmenées par deux guides professionnels locaux, ont pu ainsi découvrir les pays du comté et du gruyère. Une échappée belle que Jean-Claude Warin vous propose de vivre à travers son journal de bord.

  • Dimanche 19 août : les bassins du Doubs et « Le saut du Doubs »

Le saut du Doubs ! Un parcours d’obstacles, un concours hippique, un jumping ? Départ au bout d’un pré bien vert bordé de haies vives, mais pas de chevaux : des vaches, de belles montbéliardes. Nos guides, après nous avoir rassurés sur les difficultés du parcours nous mènent par des chemins forestiers et des sentiers balisés vers « le Châtelard », pointe dressée couverte de sapins et d’épicéas sur la rive française du Doubs. Quelques chamois en vadrouille, des écureuils, des rapaces tournants dans le ciel : la faune est riche. Nous marchons entre les arbres qui se dressent entre vingt et trente mètres et des blocs de calcaire blanc.

Pique-nique au bord d’un des lacs, à la cabane de « Robin des Bois ». Les eaux du lac formé par un barrage sont aussi vertes que la forêt. Retour par un chemin en balcon à trois pas de la Suisse en traversant le pont !
Le saut du Doubs s’est formé par le basculement d’une partie de la montagne, il y a de ça 15000 ans, ce qui a formé le mont Châtelard.

Durée : 6 h. Distance : 11 et 14 km. Dénivelés : 350 m

 

  • Lundi 20 août : journée de découverte du mode de vie des locaux, de la faune et de la flore.

Par une météo favorable, nous avons franchi le Doubs pour nous retrouver en Suisse. Au programme, l’ascension du Mont Racine (1432 m.) pour les «  gros mollets », et pour les « moyens mollets » une ferme en contre-bas du sommet.

Pour tous, la rando commence par un sentier exceptionnel, tout en lacets dans la forêt et tout autour de nous sur les 200 mètres de dénivelés, des sculptures réalisées à même les troncs d’arbres cassés lors d’une tempête, par un seul homme, ingénieur forestier propriétaire de ce bois, du nom de Favre. Ainsi, non seulement tout un bestiaire nous accompagne, mais aussi des naïades, bouddhas et autres créatures fantasmagoriques.

Pique-nique sur la crête dominant le lac de Neuchâtel, d’où nous pouvions deviner à l’horizon, l’arc des Alpes suisses et françaises.

Durée : 6 h. Distance : 10 et 15 km. Dénivelés : 400 m environ

 

  • Mardi 21 août : les Rochers du Cerf

Magnifique circuit le long de la frontière nous offrant de somptueux panoramas sur la Suisse et la France. Nous avons la chance d’avoir des accompagnateurs ayant, de formation, une grande culture de la nature, des modes de vie et de l’économie locale. Ils nous font découvrir les « pessières » (forêt d’épicéas). Ce sont les résineux qui servent à la fabrication des instruments à cordes. Les luthiers viennent avec les bucherons et, l’oreille collée à l’arbre, reconnaissent celui qui sera apte à la fabrication de l’appareil ayant la meilleure acoustique.

Dans les monts du Jura, le sanglier n’est pas seulement le porc sauvage de nos forêts, c’est l’homme qui lève les « sangles » dans l’écorce fraîche des épicéas, qui serviront à sangler les fromages « Vacherin  Mont d’or ».

De l’épicéa, on tire le tavaillon (en suisse le tavillon) taillé par le tavaillonneur dans le sens du fil du bois. Ces derniers sont utilisés pour la protection des façades des maisons ou la couverture des toits.

Durée : 6 h. Distance : 11 et 13 km. Dénivelés : 300 m. environ

 

  • Mercredi 22 août

Aujourd’hui  les « godillots » sont au repos. Tous les participants embarquent, à 10h 30 pour un aller et retour sur les bassins du Doubs. Promenade d’une heure environ, commentée avec accent (franc-comtois). Découverte de paysages déjà connus, mais d’un point de vue au ras de l’eau… Puis, journée de repos oblige, chacun part à l’aventure vers de nouvelles  découvertes…

 

 

  • Jeudi 23 août

Nos guides sont inquiets. Malgré un ciel bleu, il est décidé de scinder la journée en deux avec déjeuner dans notre lieu d’hébergement, le centre Ternelia « Evasion Tonique », situé au-dessus de Villers à environ 1000 mètres d’altitude.

Départ pour le Mont Vouillot qui domine Morteau. Très belle balade de trois heures environ, puis retour à Villers. Le ciel est moins bleu maintenant. Jupiter laisse éclater sa colère, et il en avait sur le cœur ! Déluge d’une bonne demi-heure sans voir à dix mètres devant soi.

Sous un ciel un peu calmé, nous partons visiter Le Locle, berceau suisse de l’horlogerie. Plus de 15000 frontaliers français y travaillent. Nous visitons la mairie, magnifique bâtiment construit entre 1913 et 1917 sur une forêt à l’envers (1244 sapins de 9 à 10 mètres de haut ont été nécessaires pour stabiliser le sol marécageux).

Puis visite de La Chaux-de-Fonds, patrie de Charles Edouard Jeanneret dit Le Corbusier. La Chaux-de-Fonds, de par sa position, a pris l’ascendant sur le Locle grâce à sa vallée plus élargie et moins marécageuse. Ainsi elle est devenue la capitale de l’horlogerie de luxe. La ville s’est développée particulièrement fin du XIXe siècle et les patrons horlogers, pour montrer leur richesse, y ont importé « l’art nouveau », mouvement artistique alors très à la mode dans toutes les capitales européennes. De la terrasse du building « Espace Cité », nous découvrons l’ensemble de la ville aux artères et rues à angles droits, format adopté pour faciliter les déplacements industriels. Revenus sur la terre ferme, nous déambulons dans un musée « Arts nouveaux » à ciel ouvert, à la découverte des nombreuses fontaines, avant de rejoindre Villers.

 

  • Vendredi 24 août

Il est 9 heures : rassemblement du groupe sur le parking du centre Ternelia et, comme chaque matin, présentation du programme de la journée. Le ciel est bleu et les risques d’orages oubliés.

Nous pique-niquerons tous ensemble au lac des Taillères en Suisse. Les petits mollets, s’y rendront directement en voiture. Les autres, moyens et gros mollets, se rendront en voiture « le Vieux Châteleu » d’où les deux groupes, à leur propre allure, partiront pour atteindre le sommet du « Mont Châteleu » avant de rejoindre le lac par deux itinéraires différents.

Nous traversons des terres de culture abandonnées, colonisées par des fleurs (épilobes, gentianes, chardons), des arbustes (framboisiers et genévriers) des arbres non résineux (saules marsault, frênes, peupliers trembles, viornes, érables, sycomores, noisetiers, alisiers blancs). Notre guide, technicien forestier territorial de l’ONF est intarissable sur le sujet. Après avoir admiré le paysage du Mont Châteleu et effectué une belle descente, nous nous retrouvons tous pour le casse-croûte au bord du lac des Taillères situé dans la « Sibérie suisse ». Au village de La Brévine, proche du lac, des températures inférieures à – 40 degrés peuvent être enregistrées. La fête du froid a lieu tous les ans dans cette petite commune suisse.

Fin de journée, fin de séjour.  Le groupe randonneurs de la SERAS a pu découvrir une belle région de France souvent oubliée.

Durée : 6 h.  Distance : 12 et 15 km. Dénivelés : 450 m. environ.

 

Remerciements à Anne-Marie , Betty, Marie-Jo et Martial pour leur collaboration

 

Pour la petite histoire…

La SeRAS Randonnées et Découvertes a été créée en 2000 avec les membres issus du Club Omnisport de la Recherche Scientifique (CORS). Cette association, fondée en 1967 par Charles Suaudeau et Danielle Voegtlé comptait alors sept sections : course à pied, cyclotourisme, football, judo, piscine, randonnée pédestre et tennis. Chaque section était animée par des bénévoles sportifs élus et des adhérents répartis sur toute l’Île de France. Au fil des années la plupart des sections ont disparu,  sauf  la Randonnée Pédestre qui a perduré jusqu’en 2017 : 50 ans à battre les sentiers de randonnées de l’Île de France, un dimanche par mois qu’il soit pluvieux, venteux, ou ensoleillé, 50 ans qui ont vu des escapades plus lointaines en dedans et hors de nos frontières, sous forme de week-ends prolongés, la dernière semaine du mois d’aout ou en séjour de fin d’année, sans oublier les rallyes…  Sous l’impulsion d’anciens,  comme Marc Bouhey  ou Lucien Piotrowski,  les « libérés » du travail se retrouvent par ailleurs un mercredi par mois pour joindre l’utile à l’agréable, une découverte culturelle, historique de Paris et sa région. Toujours et encore de la marche, mais avec des arrêts plus longs et plus fréquents pour se cultiver en écoutant le ou la conférencière ou l’organisateur de la sortie.

Actuellement, la Seras compte une centaine de membre. En octobre 2017, 80 d’entre eux se sont  retrouvés en Sologne pour fêter l’anniversaire de leur association en présence de Charles Suaudeau , fondateur du Club CORS et de Françoise Warin, l’actuelle présidente de la SeRAS : des souvenirs, auréolés de leur légende on été évoqués pendant la fête. Une fête qui ne pouvait se terminer que par une randonnée. Passion oblige…