Le conseil d’administration vote trois grands projets pour moderniser ses villages de vacances

Publié le 02.09.2026 par Clémence Mermillod

Panneaux photovoltaïques à Oléron, à Fréjus et à Aussois, nouvelle chaudière au Centre Paul-Langevin et rénovation des chambres 1 à 37 : en cette rentrée, le CAES mise sur l’investissement pour faire évoluer ses villages vers toujours plus de modernité.

Le conseil d’administration, réuni à Fréjus les 17 et 18 juin, a été le théâtre de décisions majeures d’investissement dans nos villages de vacances. Trois projets d’ampleur ont été votés : l’équipement du Centre Paul-Langevin (Aussois), de la Vieille Perrotine (Oléron) et de la Villa Clythia (Fréjus) en panneaux photovoltaïques, l’installation d’une nouvelle chaudière à Aussois et la rénovation des chambres 1 à 37 de ce centre. Petit tour d’horizon de ces projets.

Des panneaux photovoltaïques pour nos trois centres emblématiques

L’énergie est un poste de dépense important dans un village de vacances, alourdi par une tendance à la hausse des tarifs. L’investissement dans une alimentation autonome en énergie renouvelable apparaît donc comme un pari gagnant. Le CAES a fait appel à EDF pour développer un projet pour ses trois villages de vacances, étudier ses bénéfices attendus ainsi que ses possibilités de financement. Le projet ainsi présenté lors du conseil d’administration de juin a obtenu l’adhésion des élus. Le projet comprend l’installation de 640 panneaux (216 à Fréjus, 214 à Oléron et 210 à Aussois) pour un montant total de 431 040 euros (installation, frais administratifs et garantie inclus), dont 11 800 euros d’aides de l’État. Un investissement important qui peut faire peur, mais les économies attendues sont alléchantes : le projet sera rapidement amorti et devrait même générer un bénéfice net de 1 776 k€ sur 30 ans, en économies d’énergie.

Autre bénéfice : cette source d’énergie est aussi moins génératrice de CO2 que les modes d’alimentation actuels, et permettrait ainsi d’économiser 162 tonnes de CO2 sur 30 ans. Or, le CAES ambitionne de conjuguer vacances et responsabilité environnementale. C’est aussi dans cette démarche que cet investissement s’inscrit.

Le projet est actuellement dans sa phase administrative, EDF s’assurant de l’obtention des diverses autorisations nécessaires ainsi que du financement, mais il est bel et bien sur les rails.

Une nouvelle chaudière à Aussois

Après avoir misé sur sa position sur un versant exposé plein sud pour se doter de panneaux photovoltaïques pour sa consommation électrique, le Centre Paul-Langevin va aussi se doter d’une nouvelle chaudière à bois déchiqueté (ou plaquettes) pour l’eau chaude et le chauffage. Jusqu’à présent, le centre est chauffé au fioul — une énergie de plus en plus contrainte par la réglementation environnementale, qui interdit désormais l’installation de nouveaux systèmes 100 % fioul (la chaudière actuelle n’est donc pas remplaçable en cas de panne majeure). La chaudière biomasse permettra ainsi de répondre à l’essentiel des besoins en chauffage du centre, de façon plus vertueuse sur le plan environnemental. La chaudière fioul existante, elle, sera conservée en secours : elle prendra le relais en cas de pic de consommation exceptionnel, par exemple lors d’une vague de froid intense. L’eau ayant une bonne capacité thermique, l’installation d’une chaudière bois prévoit systématiquement une grosse capacité d’eau pour le stockage de l’énergie. Avantage : le surplus d’électricité produit par notre système photovoltaïque et non auto-consommé pourra ainsi être utilisé pour chauffer cette eau de stockage (plutôt que d’utiliser des panneaux solaires thermiques, couteux et qui complexifient l’installation de chauffage).

La rénovation des chambres 1 à 37

Le Centre Paul-Langevin est aussi l’objet d’un projet de rénovation d’envergure avec la rénovation des chambres 1 à 37. Ce lot de chambres familiales et de chambres pour le personnel, situé au dessus de la salle de restauration, n’avait pas fait l’objet de rénovation lors des précédents travaux qui s’étaient concentrés sur les communs et les rampes. Cette nouvelle étape va donc permettre de finaliser la rénovation de toutes les chambres du « CPL » ! Petit coup de frais en vue donc sur l’agencement intérieur et bien sûr les salles de bains qui vont être modernisées pour plus de confort. Un premier montant total des travaux est estimé à 552 749,91 € HT, un chiffre qui devrait être affiné à mesure que le projet avance. Un calendrier des travaux est en cours d’élaboration afin d’impacter le moins possible nos vacanciers fidèles d’Aussois !

Quelques questions au président du CAES au sujet des travaux

CAES MAG a posé quelques questions à Laurent Weinhard, président du CAES du CNRS, pour détailler avec lui ces grands projets pour nos villages de vacances.

CAES MAG. Pourquoi est-il important que le CAES investisse dans ses villages de vacances ?

Laurent Weinhard. Il y a déjà une raison technique : aujourd’hui, on amortit nos dépenses investies dans nos villages, c’est un investissement d’avenir. Si on arrête, on ne se constitue plus d’épargne pour la suite — la logique d’amortissement vise à se doter d’une capacité d’auto-financement (CAF) qui garantit des ressources dans le futur afin de pérenniser notre structure. Tout patrimoine immobilier se défraîchit et se dévalue, il faut donc perpétuellement moderniser nos installations pour d’une part rester aux normes et d’autre part pour que nos vacanciers continuent à trouver les installations agréables (le niveau d’exigence évoluant constamment). À Aussois, nous avons une contrainte : l’Oérine qui est un bâtiment à proximité du Centre Paul-Langevin et loué par le CAES depuis les derniers travaux. Le bail arrive à son terme, or les 50 chambres de l’Oérine font partie intégrante de notre fonctionnement, de notre modèle économique car cela nous permet d’y faire séjourner des vacanciers, mais surtout d’y loger nos saisonniers. Quant au projet de chaudière, c’est aussi une question législative : si notre chaudière actuelle tombe en panne, nous n’avons plus le droit de la remplacer par une chaudière équivalente !

Des CE renoncent à gérer leurs centres propres, le CAES est-il à contre-courant ?

Le conseil d’administration est très attaché aux villages de vacances. C’est dans l’ADN du CAES, c’est un vrai plus pour les agents du CNRS. Contrairement au Club Med ou à des organismes du même acabit, nous avons une vraie vocation sociale, avec des vacances de qualité, des clubs gratuits pour les enfants… C’est une vraie volonté. Mais pour pouvoir les garder, il faut investir régulièrement : beaucoup de CE ont été obligé de vendre une partie de leur patrimoine afin de pouvoir moderniser leurs autres installations.

Comment avez-vous arbitré les priorités ?

Nous avons nécessité d’investir dans tous nos centres, mais il y a une actualité à Aussois avec la perte annoncée de l’Oérine. Cependant, nous ne pouvons pas tout réaliser grâce à l’autofinancement et nous devons donc emprunter. Une fenêtre s’est ouverte puisque certains de nos emprunts se terminent, donc c’est le moment où nous pouvons investir. Nous devons faire des choix en fonction de l’urgence des dossiers et bien entendu de nos possibilités financières.

Comment ces travaux vont-ils être financés ?

Ces trois projets sont majoritairement autofinancés, et nous contractons un emprunt à 1 % pour le photovoltaïque, proposé par EDF. 1 %, c’est une offre intéressante, d’autant plus qu’EDF nous garantit un taux de production.

Ces travaux auront-ils un impact sur les vacanciers à plus ou moins long terme ?

L’idée est qu’il n’y ait aucune fermeture pendant les vacances : nous voulons mener les travaux dans les périodes creuses, mais le calendrier n’est pas encore calé à ce jour.

Nouvelle chaudière, panneaux photovoltaïques… Ces projets s’inscrivent-ils dans une stratégie environnementale ?

Oui, il faut y aller. C’est évident ! Cela s’inscrit dans une logique, après la chaudière solaire à Fréjus. On aimerait aller plus loin !

D’autres projets sont-ils envisagés ?

On réfléchit à un remplacement de l’Oérine par un agrandissement d’Aussois connecté au Centre Paul-Langevin actuel. Il y a aussi la poursuite des rénovations de gîtes à Oléron, avec 4 gîtes rénovés cet hiver, en interne par les équipes techniques du centre — sauf pour le gros œuvre. C’est un projet important aussi, qui mobilise nos équipes chaque année. Mais nous avançons ! Ces projets seront discutés en conseil d’administration du CAES du CNRS dans les mois à venir.